Les médias ne parlent plus que de lui. Si le CSA avait souhaité lui donner une nouvelle notoriété en l’interdisant d’antenne sur CNEWS, il n’aurait pas fait mieux. Eric ZEMMOUR s’invite dans les débats de la présidentielle 2022. C’est un grand cultivé pour les uns et un simple natif du 93 (il est né à Montreuil-Sous/Bois) pour les autres. Pour lui, un vrai journaliste se doit de faire de la politique et d’être nécessairement partisan…

 

TRIBUNE : Commençons par Georges Clémenceau, fondateur de « l’Homme Libre » (devenu l’homme « enchaîné ») et qui baptisera lui-même le célèbre article de Zola sur l’affaire Dreyfus du nom de « J’accuse » !

Lorsque certains passent du journalisme à la vie politique, d’autres font le chemin inverse. Bon nombre de femmes et d’hommes politiques sont désormais chroniqueurs ou éditorialistes : Julien Dray sur LCI, Aurélie Filippetti sur RTL, Raquel Garrido sur C8, Henri Guaino sur Sud Radio, Axelle Lemaire sur France Culture ou Jean-Pierre Raffarin sur France 2.

Dans le même temps, Bruno Roger-Petit, chroniqueur politique, et notamment éditorialiste à « Challenges » prend un autre chemin en devenant porte-parole de l’Élysée.

La rédaction de l’hebdomadaire économique serait « soulagée de son départ » selon le témoignage de l’un de ses confrères recueilli par « Libération » daté du 30 août 2017. La société des journalistes du titre s’étant alarmée, en mars 2017 par voie de communiqué, de l’équilibre politique « gravement occulté par le nombre d’articles pro-Macron ou défavorables à ses adversaires sur le site internet de Challenges »

ZEMMOUR dénonce en permanence la tendance « gauchiste » des chaînes publiques (radio ou télé). Soit-dit en passant, on peut s’étonner des sommes démentielles versées par France Télévision à Rachid Arhab et Françoise Laborde pour leur permettre de quitter France Télévision et rejoindre le CSA. Un lien avec ZEMMOUR ? On peut s’interroger…

On peut parler aujourd’hui du phénomène ZEMMOUR. Il suffit qu’il soit l’invité d’une quelconque émission pour qu’aussitôt cette dernière pulvérise ses records d’audience. Il semble évident que les journalistes de CNEWS se comportent en soutien inconditionnel de leur collègue. De Christine Kelly à Pascal Praud, il ne se passe pas un jour sans que l’on parle de son dernier livre (il se vend comme des petits pains) ou de sa nouvelle polémique.

 

Un personnage qui dérange immanquablement...

 

Trublion venant jouer dans la cour des grands, Eric ZEMMOUR déstabilise la classe politique et le monde des journalistes par ses prises de position volontairement polémiques. La forme et le fond sont en cause : des accents de vérité sans tricherie. Il est sincère dans ses réponses, au dire des collègues de travail qui l’ont connu. Sur le fond, notre polémiste est toujours hors de la doxa ambiante et d’un discours convenu, politiquement correct.

Qu’on le veuille ou non, il imprime le tempo avec ses thèmes dans le débat public de la campagne présidentielle ! Il rythme la cadence par ses shows à la télé ou en dédicaces pour son livre. Il se prononce philosophiquement pour la peine de mort, pour la fermeture des frontières aux émigrés, sur les prénoms aux connotations trop « exotiques »…

Aussitôt, les médias demandent aux contradicteurs politiques de se positionner. Depuis deux ans, il dénonce les « faux alliés » de la France, comme l’Allemagne et les Etats-Unis. L’affaire des sous-marins australiens semble lui donner raison…

 

Le nihilisme fait le lit de tous les fanatismes…

 

 

Si tous ses opposants affirment que les Français sont très éloignés des préoccupations soulignées par Zemmour, on est en droit de s’interroger. En effet, si on additionne celles et ceux qui votent à droite (classique ou extrême droite), on se trouve devant une majorité de nos concitoyens, soulignant l’immigration parmi les problèmes dominants.

La gauche, PS, EELV, LFI, refuse d’admettre qu’elle n’a plus le leadership de la pensée et qu’elle est devenue minoritaire en France, comme dans de nombreux pays d’Europe.

La droite extrême se développe en Europe par des revendications communes. Utilisant un discours très populiste, les partis extrémistes dénoncent l’immigration, revendiquent la souveraineté de leur pays, conspuent l’Europe et parfois l’euro. Une composante autoritaire affirmée, particulièrement explicite sur le terrain de « la loi » et de « l’ordre » et qui prône un programme économique composite, faisant la synthèse du néo-libéralisme des années 80 et du protectionnisme des années 90. Pour couronner le tout, l’usage immodéré du discours « antisystème » de dénonciation des « élites venues d’en haut » prolifère.

 

 

Le problème, c’est que le refus d’écouter le peuple provoque la colère inextinguible de beaucoup. Xavier Bertrand, comme Eric Zemmour parle d’un risque de guerre civile en France. La gauche veut diaboliser ceux qui ne pensent pas comme elle. On noircit, on dénigre, on calomnie, on « hitlérise » les soi-disant mal pensants !

On a vu des affiches de Zemmour et du président Macron affublés d’une moustache, d’une mèche et d’une croix gammée ! Nier les évidences et caricaturer ignoblement ceux qui sont adulés par certains, c’est attiser les haines et les rancœurs. N’oublions pas que le nihilisme engendre le fanatisme !

 

« La France n’a pas dit son dernier mot »…

 

C’est le titre évocateur du dernier livre d’Eric Zemmour. Tout un programme pour une campagne électorale ?

Mais là où Le « Suicide français » était teinté d’un certain pessimisme fataliste, « La France n’a pas dit son dernier mot », ouvre sur un espoir : l’histoire n’est peut-être pas encore totalement écrite. Il existe encore – et Génération Z en est la preuve – des Français qui cherchent à sauvegarder ce qui a fait de la France un beau pays, fier de ses valeurs et de ses racines.

Avec la liberté de ton qui le caractérise, Eric Zemmour s’apprête ainsi à donner sa vision politique de ce qu’il faut faire pour contrer notre déclin. Ce dernier livre se présente ainsi à la fois comme « une autobiographie politique » où il évoque « l’évolution du pays », à la manière des « Choses vues » de Victor Hugo, et comme une réponse au « Suicide français » en posant finalement la question tant attendue : « comment s’en sortir ? ».

Avec cet opus, nous ne sommes pas très loin d’un début de programme électoral. Un livre qui pulvérise les records : 200 000 exemplaires imprimés, 100 000 programmés en réédition à cause de ruptures de stocks, nos « politiques » refusent de dire qu’ils le lisent !

Un(e) journaliste, sûrement un(e) intellectuel(le) de gauche, avoue l’avoir lu et trouver une faute d’orthographe ! Bravo, il ou  elle a pêché ce lourd péché (lire le livre pour comprendre ce clin d’œil…).

Un seul homme de gauche, vieux routier de la politique, le plus cultivé sans aucun doute, accepte le débat et la confrontation : Jean-Luc Mélenchon. Si depuis longtemps, on connaît les solutions préconisées pour le rétablissement de la légitimité nationale, Zemmour est toujours attendu sur les sujets économiques et financiers. Sur ces thèmes, le livre n’apporte toujours aucune réponse.

La liberté d’expression, gravée au marbre de la révolution, fait partie de notre culture mais semble de plus en plus altérée par les pouvoirs de la Vème République et particulièrement par le locataire de l’Elysée.

 

 

Des thèmes qui parlent forcément aux Français...

 

La France, la culture, le terrorisme, l’immigration, la délinquance, la souveraineté nationale, la justice, les juges…intègrent le catalogue de thèmes les plus marquants du futur candidat ( ?) Zemmour. Il est certain que pour avoir des arguments contraires, il faut une culture que beaucoup n’ont pas. Là va être son problème : se mettre à la portée de chacun, cultivé ou non, et la tentation de la manipulation est grande.

Depuis trente ans, Eric Zemmour n’est pas dans le politiquement correct, hors des pseudos évidences qui polluent les gogos des miasmes nauséabonds de la médiocrité.  On fracture, on divise la France en deux camps : les « pour » et les « contre ». Pour les chasseurs ou pas, pour les sapins de Noël ou pas, pour l’avortement ou pas…

Tous ceux qui souhaitent présenter notre pays comme une France de « gauche » et une France de « droite » se trompent lourdement ! La France, pays des Droits de l’Homme (lire aussi « Les Droits de la citoyenne » d’Olympe de Gouges), c’est aussi une culture judéo-chrétienne-romaine-grecque et issue des divinités celtes. Un pays religieux et spirituel.

On appartient à l’histoire des héros, des escrocs, des résistants et des collabos, depuis Clovis, les Capétiens, Danton et Robespierre, Napoléon, de Gaulle…  Les Girondins de la Révolution, plus fanatiques que les Montagnards, plus bourgeois et modérés appellent des révoltes et des contestations politiques dignes de nos clivages. L’Orléanisme du XIXème siècle, classé à gauche s’oppose aux Légitimistes qui rêvent du retour de la royauté. Ce qui était à gauche se retrouve souvent à droite. Les libéraux sont catalogués à droite tandis que Benjamin Constant, homme politique né en 1763, fait figure de gauchiste !

Nous sommes un peuple riche de notre Histoire, turbulent, insoumis et parfois révolté, incapable de tempérance…C’est tout notre charme !

Alors rêvons un peu : j’imagine un square ou une place publique, avec pour décors deux belles sculptures. Celle de Napoléon et celle d’une grande résistante, Joséphine Baker. On pourrait juste l’entendre fredonner : « J’ai deux Zemmour ! »…

 

Jean-Paul ALLOU 

 

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Passer la cinquantaine, c’est la croix et la bannière pour celles et ceux de nos concitoyens qui connaissent le goût âpre et amer du chômage de se refaire la cerise. Du moins, avec dignité.

Avant la trentaine, le prétendant à l’emploi est le plus souvent considéré comme un freluquet de la pire espèce, du fait de son inexpérience notoire et de son cursus aussi mince que du papier à cigarette côté professionnel, malgré parfois une avalanche de diplômes conséquents.

Bref : on l’aura compris, la fenêtre de tir pour réussir à se placer en orbite sur l’ellipse idéale de la vie active se situe entre trente et cinquante ans !

Une fenêtre de tir qu’il est déjà de bon ton de corriger à la baisse. Car, selon les sacro-saints codes référentiels de l’INSEE, dès le pallier canonique de 45 ans atteint, vous intégrez l’inéluctable et délicate catégorie des seniors. Mot maintes fois galvaudés mais qui vous place tout droit en bordure du précipice avant de sombrer vers les abysses !

Moyennant quoi, votre image, statut et position au sein de l’entreprise n’est plus tout à fait le même que celui que vous possédiez à l’âge de 44 ans. C’est-à-dire la veille de votre anniversaire qui vous conduit vers les limbes.

Immanquablement, vous devenez une cible, sinon LA cible préférentielle à abattre au sein de l’organigramme géré par une direction des ressources humaines qui ne manquera pas de vous avoir à l’œil. Et le bon !

C’est comme sur un terrain de football : à la moindre incartade, dès le plus infime dérapage à peine contrôlé, la sanction vous tombera dessus sans avoir eu le temps de crier gare. Du carton jaune, synonyme d’avertissement ou de blâme, vous n’aurez aucune difficulté à obtenir le rouge fatidique, synonyme d’ouverture du sas vous expédiant vers la sortie. Un aller simple dans le vide sidéral sans retour en arrière pour récupérer votre emploi. Avouez, que passé la cinquantaine endosser le rôle de Thomas PESQUET ne vous sied guère !

 

Entre allongement de l’âge du départ à la retraite et maintien de l’activité : une dichotomie…

 

On aura beau se dire que c’est comme ça, que c’est la faute à pas de chance, que la dure mais inexorable fatalité vous rattrape à cause de votre âge : ça fait très mal au fond de soi, mettant à bas votre ego et vos prétentions sur l’existence.

Pointer chez Pôle Emploi à 55 ans n’a rien de paradisiaque en matière de perspectives d’avenir. D’autant, que du haut de sa tour d’ivoire élyséenne, le chef de l’Etat dans sa quête absolue de réforme des retraites envisage très sérieusement d’allonger la durée du temps travail, histoire de maintenir en apnée un système social en profond déséquilibre et surtout en réel déficit.

Paradoxe : vous n’êtes plus bon à rien, à partir de 50 ans dans les boîtes. Ce n’est pas grave, on va vous proposer des départs à la retraite…un peu plus tard dès 64 ans, pour commencer, puis à 65 ans, avant in fine d’arriver au terme de ce voyage professionnel qui vous pèse de tout son poids, à 67 ans ! Comme dans une large majorité de pays de l’Union européenne, voire d’ailleurs.

Tout cela est bien joli sur le papier. Mais, pendant ce même laps de temps, les entreprises n’ont qu’une idée fixe en tête : se débarrasser de leurs « encombrants ». Les vieux, considérés à tort, comme inaptes dans l’exercice de leur fonction ultra digitalisée, bien souvent trop payés pour ce qu’ils font ou qu’ils n’arrivent plus à faire et surtout pas du tout malléables en matière de management comme pourrait l’être le premier de la classe venant de postuler une fois le diplôme en poche.

A ce petit jeu-là, on ne peut parler que de dichotomie (pour ne pas dire autre chose en demeurant poli) dans la stratégie jusqu’au-boutiste du chef de l’Etat qui s’évertue à propulser des seniors usés par la pénibilité du travail et la fatigue du temps sur le devant de la scène employabilité alors que les employeurs eux-mêmes n’en veulent pas ! Incongruité du système…

 

 

 

Une initiative réussie dans l’Yonne : un job dating chez GROUPAMA…

 

Toutefois, il existe encore en ce bas monde d’infimes lueurs d’espoir ! Des expériences testées à dose homéopathique sur notre territoire qui réchauffent le cœur de ces laissés pour compte professionnels de la cinquantaine.

Si, si : nous en connaissons tous autour de nous qui traversent les affres des crises économiques successives en rejoignant le bataillon de ces chômeurs voués  à l’anonymat relationnel éternel et coupés de tout circuit d’influence (des demandeurs d’emplois en fait car c’est politiquement plus correct) de longue, voire de très longue durée. Trop longue, c’est incontestable et cela ne devrait pas être dans une société de progrès, dite civilisée et moderniste.

L’exemple est territorial. Dans l’Yonne, plus précisément. Où l’assureur mutualiste GROUPAMA Paris Val-de-Loire n’hésite pas à accueillir dans ses locaux, afin de pouvoir mieux les recruter, comme il le fait par ailleurs avec toutes les tranches d’âge d’une population ayant besoin d’un job pour mieux se nourrir, des demandeurs d’emploi, âgés de plus de cinquante ans. Cela les fait sortir des codes de la bienséance professionnelle actuelle.

Cette expérience innovante est réalisée sous la forme d’un job dating, menée en accointance avec l’agence auxerroise de Pôle Emploi. L’organisme aura au préalable retenu la série de candidats potentiels sur leurs appétences et aptitudes.

En face, pour attirer le chaland : une dizaine de postes assurés. Des CDI au profil de gestionnaire et de commercial. Avec pour les néophytes, une formation à la clé afin de s’imprégner de la culture d’entreprise et de ses méthodes.

Jeunes candidats et moins jeunes tentent leur chance. Profitant chacun d’une prise de parole individuelle, quelques cinq minutes en entretien pour assurer leur présentation.

Cela marche à merveille. Au terme de la session, la première, une vingtaine de CV et lettres de motivation sont mis de côté par les cadres de GROUPAMA ayant participé à ces entretiens constructifs. Une première étape est franchie.

Avant de poursuivre par la sélection définitive où se prêteront au jeu des trentenaires, quadra et vaillants quinquagénaires. Ils ont les yeux qui brillent de plaisir et de soulagement.

Non, les seniors ne sont pas finis et bons à être balancés après usage au fond de la corbeille comme un vulgaire Kleenex ! Certains entrepreneurs le savent bien et l’assimilent parfaitement dans leur quête de recrutement.

C’est grâce à eux, s’ils les embauchent en bout de course, que ces déshérités de l’emploi trop âgés vont pouvoir mettre à profit leur expérience et ce recul nécessaires leur permettant de mieux rebondir vers l’avant. Avec en outre de la reconnaissance…

 

Thierry BRET

 

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La tristesse, profonde. La nostalgie, aussi. Avec son lot de souvenirs impérissables qui remontent à la surface. Ca saigne et cela fait mal à l’intérieur. C’est toujours la même chose quand une icône de la sphère artistique et culturelle nous quitte et nous laisse seul avec notre désarroi. Quelle est donc dure cette chienne de vie !

Pour beaucoup, Jean-Paul BELMONDO, c’était une époque glorieuse où le cinéma faisait converger petits et grands le samedi soir ou le dimanche après-midi lors de séances familiales épiques que l’on partageait avec plaisir.

Entre bâtons de glace à sucer et pop-corn craquants à se mettre sous la dent. L’ouvreuse déambulait avec son lourd chargement de confiseries pendant l’entracte alors que les parents régalaient leurs gosses de bonbons  acidulés et autres gâteries chocolatées…Une vision totalement révolue aujourd’hui (sic) !

Toute une génération a vécu cela. Toute une autre regrette peut-être de ne jamais l’avoir connu.

Pendant que nous autres, enfants et adultes à l’unisson, dégustions ces purs moments de délice faisant oublier les affres de la première crise économique (celle des années 70 où les Français avaient beau avoir des idées, ils n’avaient toujours pas de pétrole in fine qu’ils payaient très cher à la pompe !), lui, cet « Incorrigible Guignolo » nous embarquait avec volupté sur la toile dans ses aventures faites de rires, de frissons, d’intrigues, de mystères, et surtout d’aisance. Entre le charme et la séduction. La grande classe et le talent.

 

 

Des acrobaties techniques réalisées sans doublure…

 

Comédien polymorphe aux multiples casquettes, Jean-Paul BELMONDO pouvait incarner ce clown facétieux à la gouaille franchouillarde (« L’Alpagueur ») comme devenir ce redresseur de tort, dur et implacable, mettant ses menaces à exécution pour nettoyer les scories de ces milieux obscurs, croisés sur son chemin dans « Le Professionnel ». Entre affaires d’état, clin d’œil à peine voilé à la France-Afrique et autres rivalités politiques dans les alcôves…

Qui d’entre nous n’a jamais rêver un jour d’effectuer l’une de ces pirouettes acrobatiques, subtiles techniquement, accroché à un hélicoptère ou en courant sur le toit d’une rame de métro, lancée à fond sur les rails traversant la capitale (« Peur sur la ville ») ?

Quelle audace, ce Bébel ! Aucune de ses brillantes cascades n’étaient doublées. Epaulées pour les exécuter par une autre référence du Septième art : j’ai nommé Rémy JULIENNE que certains parmi nous ont eu le privilège de côtoyer de près lors de ses nombreux déplacements dans l’Yonne.

Réunis là-haut tous les deux, ils n’ont pas fini de faire trembler le paradis avec leurs péripéties gymniques et sautillantes sans filet !

 

 

« L’Homme de Rio » : des aventures rocambolesques entre Tintin et Bob Morane…

 

Mais, pour les puristes lecteurs des « Cahiers du Cinéma », BELMONDO c’était aussi une autre époque où les films se tournaient encore en noir et blanc (« Un singe en hiver » ou « Week-end à Zuydcoote »). Dans la veine de cette Nouvelle Vague chère à Jean-Luc GODARD ou à François TRUFFAUT.

Des films « à la papa » avec des dialogues ciselés à la petite cuiller à faire travailler les zygomatiques devant l’insouciance de l’époque. Celle des trente glorieuses. Où le pouvoir d’achat progressait à la vitesse de l’éclair. Où la France, heureuse, se souciait comme d’une guigne de pseudos problèmes de sécurité qui n’existaient pas. A cette époque, il n’y avait pas d’allégeance à de quelconques références religieuses, incitatives à la haine et à la barbarie.

Celles et ceux qui voulaient se conter fleurette pouvaient le faire sur les « bancs publics » loin des regards indiscrets. Tandis que d’autres s’imaginaient être de dignes émules de « L’Homme de Rio », où le personnage de ce long métrage mythique qui irradiera de son exotisme, sa fougue et de sa superbe le milieu des années 60, vivait des aventures rocambolesques au Brésil, à mi-chemin entre « Tintin » et « Bob Morane », du regretté Henri VERNES, disparu également cet été.  

 

Apprendre à vivre sans lui….

 

Au fond, on possède tous en nous une part de ce Jean-Paul BELMONDO désinvolte et grand seigneur. Qui durant soixante-dix années de professionnalisme et de quatre-vingts films nous a accompagné sur notre chemin. Comme un ami de longue date qui nous donnait rendez-vous régulièrement, à chaque première.

Et l’on se prend à rêver de ce que aurait pu être la continuité de sa brillante carrière cinématographique et théâtrale où le personnage excellait (« Kean », « Cyrano ») si ce maudit incident de parcours, cet AVC qui le diminuera considérablement, ne l’avait pas frappé à l’âge de 68 ans.

A l’instar de ces vieux lions qui ne veulent rien lâcher, le « Magnifique » serait sans doute resté au sommet de son art et de son talent. Il nous aurait gratifiés de sa gestuelle et de ses mimiques habituelles, de ce phrasé si caractéristique qui était le sien, dans de longs monologues ou de grandes tirades à pouffer de rires.

Il faut voir et revoir « Joyeuses Pâques » ou « L’Animal » pour savoir de quoi l’on parle véritablement. Il faut se plonger sans retenu dans cette œuvre presque autobiographique, « Itinéraire d’un enfant gâté », pour mieux cerner l’homme.

Qu’il soit associé à Jean GABIN, Lino VENTURA et son alter ego de toujours, avec qui il tournera finalement que très peu de films (« Borsalino »), Alain DELON, pour comprendre que la France vient de perdre l’un de ses derniers grands ambassadeurs culturels. Un monstre sacré de notre patrimoine artistique qui s’évanouit à jamais et rejoint le paradis blanc des noms qui constellent le ciel : RAIMU, André BOURVIL, Louis de FUNES, FERNANDEL, Bernard BLIER, Claude BRASSEUR, Annie GIRARDOT, Jeanne MOREAU, et tant d’autres.

Alors, oui, l’hommage solennel rendu par la France à l’un des siens (il était chevalier de l’Ordre de la Légion d’honneur) ne supposait aucune équivoque possible. Alors oui, que le public, son public, puisse lui dire un dernier au-revoir dans la cour des Invalides jusque tard dans la nuit était le bienvenu.

En manque de repères existentiels depuis trop longtemps, l’Hexagone est obligé de vénérer ses honorables « vieilles branches » pour retrouver ce consensus le temps d’une commémoration et du souvenir. Parce que nous en avons besoin. Parce que celles et ceux qui nous quittent le mérite bien.

Sobre mais empreint de sincérité, l’allocution d’Emmanuel MACRON a retranscris ce qui caractérisait Jean-Paul BELMONDO. Personnage cocardier et cocasse que nous avons tous eu la chance de connaître dans notre existence de son vivant.

Désormais, il faudra apprendre à faire sans lui. Et c’est là que le plus dur commence…Salut l’artiste !

 

Thierry BRET

 

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L’urgence pour faire face à la situation dramatique. Un état de fait qui ne peut malheureusement qu’empirer après la prise de pouvoir des talibans, réalisée au forceps à la vitesse de l’éclair mais sans avoir tiré un seul coup de fusil. Etrange renversement de situation et de gouvernement dans ce pays fort de ses 38 millions d’habitants dont l’avenir paraît désormais incertain, à défaut d’être compromis.

Plus de 6 millions d’Afghans sont enregistrés aujourd’hui par les instances internationales dépendant de l’ONU en qualité de réfugiés. 2,2 millions d’entre eux ont fui vers l’Iran et le Pakistan. 3,5 millions se déplacent régulièrement à travers leur territoire pour ne pas subir les foudres des nouveaux maîtres du pays. Les mêmes qui procédaient à des exactions innommables il y a plus de vingt ans.

Avec l’aide américaine, la France a assuré un pont aérien depuis Kaboul permettant à trois mille d’entre eux de s’exfiltrer de ce bourbier sans réelle issue. Mais, des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants tentent encore aujourd’hui au péril de leur existence de quitter les lieux pour échapper à la violence aveugle et à l’obscurantisme.

Or, une question se pose à l’échelle de notre territoire. Comme partout dans l’Hexagone qui voit affluer cette population démunie. Sommes-nous prêts à accueillir ces réfugiés sur notre sol ?

 

 

Des exilés qui ont étroitement collaborés avec les Occidentaux…

 

Le département de Charente a pris publiquement position en faveur d’une ouverture des foyers et autres lieux d’hébergement. D’autres secteurs géographiques en ont fait de même. Timidement, presque du bout des lèvres.

Plusieurs maires, à la tête de villes importantes à l’instar de Strasbourg, Lille ou Tours, ont rallié ce mouvement altruiste qui ne s’étend pas sur l’Hexagone comme une trainée de poudre. Il faut en convenir : la nation tricolore ne peut pas accueillir toute la misère du monde. C’est une évidence.

Pourtant, le cas afghan trouble les esprits, même les plus retors. La plupart de ces exilés de fortune le sont parce qu’ils ont cru en la providence occidentale d’un monde meilleur et aidé à l’intégration des forces étrangères, venues ramener le calme et la sécurité dans un pays ravagé par quarante années de guerre, en étant interprètes, personnels administratifs, chauffeurs, gouvernants, femmes et hommes d’entretien, comptables, enseignants, journalistes, jardiniers, etc.

Les abandonner à leur triste sort dans les mains ensanglantées des talibans qui pratiquent la charia, précepte religieux d’une autre époque, équivaut à signer leur acte de reddition absolue vis-à-vis de leur liberté. Voire pire encore.

 

 

Joigny dégaine la première pour accueillir des réfugiés…

 

Et l’Yonne, dans tout ça, face à ce maelström complexe qui nous entoure ? A date, le seul élu à avoir publiquement déclaré qu’il était prêt à accueillir des réfugiés afghans dans sa commune n’est autre que le maire de Joigny, Nicolas SORET.

Bien sûr, beaucoup d’observateurs se feront l’écho de la parfaite logique de ce choix au vu du pédigrée idéologique du troisième vice-président de la Région ! Nicolas SORET n’est-il pas un digne représentant du parti socialiste, une formation politique ayant toujours eu recours aux valeurs de l’humanisme et à la tolérance pour justifier ses orientations et stratégies. Parfois à la limite du laxisme, affirmeront ses détracteurs.  

Mais, au-delà de ces considérations politiciennes, qui n’ont pas lieu d’être alors que se joue le devenir de milliers d’êtres humains, il est regrettable que la déclaration de Nicolas SORET n’ait pas fait d’autres émules, voire engendrer davantage de réactions à chaud dans notre landerneau. Qui a certainement des choses à dire sur le sujet.

Un collectif, comprenant huit organisations de soutien aux exilés de l’Yonne, vient de lancer précisément un appel aux élu(e)s de notre département, les invitant à se mobiliser en solidarité avec le peuple afghan.

Un appel qui a fait l’objet d’une missive officielle. Que n’auront pas manqué de relayer, en la plaçant sous le feu des projecteurs médiatiques, deux des conseillers d’opposition de la ville d’Auxerre, les écologistes Florence LOURY et Denis ROYCOURT.

 

Le cas d’un réfugié vivant à Auxerre inquiet pour ses proches menacés de mort…

 

En corollaire, les deux élus sollicitent le président de l’Agglomération de l’Auxerrois et maire d’Auxerre Crescent MARAULT, d’engager la ville dans une démarche d’accueil digne et solidaire.

« Nous faisons écho à la forte inquiétude de citoyens auxerrois qui accompagnent au quotidien des migrants dont des Afghans déjà présents sur notre sol… précisent-ils en parfaite symbiose.

Les représentants d’Auxerre Ecologie ont accompagné leur lettre, adressée le 30 août, au premier élu d’Auxerre d’un courrier rédigé par un réfugié afghan, Wasiq NOORI. Ce dernier s’était rapproché de la cellule de crise du ministère des Affaires étrangères six jours auparavant. Aîné d’une fratrie de sept enfants, l’auteur de la lettre fait part de ses craintes sur le sort de sa famille restée à Kaboul. Militantes des droits de l’homme, ses sœurs courent un réel danger. Blessé à l’épaule il y a un mois, l’un de ses frères est recherché par les talibans et risque la mort.

Réclamant que l’Yonne soit au rendez-vous de l’Histoire, les signataires de cet appel du 30 août en appellent à la responsabilité des élu(e)s de toutes obédiences pour que ce mouvement solidaire puisse voir le jour.

En proposant d’accueillir une ou plusieurs familles. En scolarisant les enfants. En apportant une aide matérielle ou alimentaire. Au nom des valeurs de nos institutions républicaines et des principes humanistes qui ont fait le ciment de notre nation, terre de liberté et patrie du bien-vivre…Seront-ils entendus ?

 

Thierry BRET

 

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Leurs visages ne sont pas connus du grand public. Ils ne s’afficheront jamais à la une des tabloïds. Quant à leurs patronymes, ils tutoient les sommets de l’anonymat le plus complet. Sauf, peut-être pour une petite poignée d’entre eux. Lors d’une brève période de leur existence. Celle, pour celles et ceux qui ont la chance d’y participer, en rapport avec les Jeux Paralympiques. Un corollaire des traditionnels J.O. qui nous revient tous les quatre ans. Sur la pointe des pieds de la discrétion…

Pourtant, à y regarder de plus près, que d’émerveillement, d’agréables surprises, de satisfactions émues à voir évoluer sur une piste d’athlétisme, sur un terrain de basket ou dans un bassin nautique des sportives et sportifs amputés d’une jambe ou d’un bras, déficients visuels, ne pouvant se mouvoir qu’accompagnés de leur appareil de mobilité.

Que de courage, de force intérieure et d’abnégation pour y parvenir après avoir connu les affres terribles d’un accident de la vie ou porter comme une croix rivée sur l’épaule l’héritage immuable d’une malformation constatée à la naissance.

Ces femmes et ces hommes méritent tout notre respect. Et surtout notre considération la plus sincère, au lieu de regards torves, moqueurs, parfois cruels croisés au détour de leur chemin, feignant de ne jamais les apercevoir.

Dans la souffrance de leur chair et de leur âme en conflit perpétuel contre les injustices de la vie et du sort qui s’acharne, ces femmes et ces hommes ont su relever des défis. Immenses. Incommensurables. A abattre des montagnes. Ils ont repris goût à la vie, pour certains d’entre eux, afin de surmonter ce que l’on nomme communément un handicap.

 

 

De quel droit les valides seraient-ils supérieurs aux invalides ?

 

Alors que notre société bien-pensante peine toujours à insérer de manière digne et noble ces personnes dans notre quotidien protéiforme (professionnel, familial, éducatif, politique, médiatique, culturel…), se jouent à nos côtés de véritables combats d’arrière-garde. Dont nous n’avons jamais connaissance ou si peu.

Des luttes pour exister, pour rêver, pour survivre, pour devenir quelqu’un qui ne sera plus le souffre-douleur ou la risée expiatoire d’un ensemble collectif qui refuse la différence. Les différences, selon ses propres rites et critères.

Se tenir debout sur ses deux jambes donne-t-il plus de droits et de supériorité par rapport à celui qui ne peut s’extirper de son fauteuil roulant ? Se complaire dans les codes superfétatoires de la beauté et de l’esthétisme à tout crin rend-il plus intelligent et meilleur que la personne non voyante ou infirme ?

Ecraser l’autre, tuer père et mère pour parvenir à la réussite absolue, représente-t-il une fin en soi sauf peut-être pour celles et ceux dont les neurones ont fondu comme neige au soleil en se reconnaissant dans ce processus stupide !

Il y a énormément à apprendre au contact d’une personne atteinte d’un handicap. Sa façon de s’exprimer, de raisonner, d’anticiper le sens de la vie, d’interpréter les choses.

 

 

Des moyens déployés par les médias pour la quinzaine des Jeux…

 

A observer par l’écran du téléviseur l’évènement planétaire qui réunit à Tokyo la somme de toutes ces différences multiraciales et multi-handicaps (plus de 4 000 compétiteurs représentants 182 nations dans vingt-deux disciplines) qui osent relever des défis que bien des valides ne tenteraient même pas, on est surpris par le calme, la bienveillante sérénité, cette espèce de candeur usuelle et profonde dont toutes ces personnes s’imprègnent avant de disputer la moindre épreuve.

Par bonheur, et on peut lui rendre grâce une fois n’est pas coutume, France Télévisions a déployé l’artillerie lourde côté moyens techniques et humains afin de diffuser abondamment sur l’ensemble de ses chaînes ces compétitions de grand intérêt.

A l’identique de ce que furent les relais informatifs durant la quinzaine des Jeux Olympiques qui viennent de s’achever.

 

 

Et après, les handicapés seront-ils oubliés ?

 

Mais, qu’en sera-t-il ensuite une fois la flamme de l’universalisme éteinte ?

Les sportifs handicapés retourneront ils vers les ténèbres de l’oubli et de l’indifférence quasi totales ? Les médias accorderont ils autant d’importance à leurs exploits avant la prochaine olympiade menant à Paris 2024 ? Verrons-nous davantage d’animateurs ou de journalistes victimes d’un handicap à l’antenne ?

Il est à craindre que non.

Comme la perception de ces personnes atteintes d’un handicap dans la sphère professionnelle où bon nombre d’entreprises se refusent toujours à ouvrir leurs portes pour les accueillir. Dommage !

Malgré cette grande leçon de courage et d’humilité que la quinzaine des Jeux Paralympiques nous aura offerte, il y a encore du chemin à parcourir avant que les relations entre valides et invalides se normalisent réellement…

 

Thierry BRET

 

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