Passer la cinquantaine, c’est la croix et la bannière pour celles et ceux de nos concitoyens qui connaissent le goût âpre et amer du chômage de se refaire la cerise. Du moins, avec dignité.

Avant la trentaine, le prétendant à l’emploi est le plus souvent considéré comme un freluquet de la pire espèce, du fait de son inexpérience notoire et de son cursus aussi mince que du papier à cigarette côté professionnel, malgré parfois une avalanche de diplômes conséquents.

Bref : on l’aura compris, la fenêtre de tir pour réussir à se placer en orbite sur l’ellipse idéale de la vie active se situe entre trente et cinquante ans !

Une fenêtre de tir qu’il est déjà de bon ton de corriger à la baisse. Car, selon les sacro-saints codes référentiels de l’INSEE, dès le pallier canonique de 45 ans atteint, vous intégrez l’inéluctable et délicate catégorie des seniors. Mot maintes fois galvaudés mais qui vous place tout droit en bordure du précipice avant de sombrer vers les abysses !

Moyennant quoi, votre image, statut et position au sein de l’entreprise n’est plus tout à fait le même que celui que vous possédiez à l’âge de 44 ans. C’est-à-dire la veille de votre anniversaire qui vous conduit vers les limbes.

Immanquablement, vous devenez une cible, sinon LA cible préférentielle à abattre au sein de l’organigramme géré par une direction des ressources humaines qui ne manquera pas de vous avoir à l’œil. Et le bon !

C’est comme sur un terrain de football : à la moindre incartade, dès le plus infime dérapage à peine contrôlé, la sanction vous tombera dessus sans avoir eu le temps de crier gare. Du carton jaune, synonyme d’avertissement ou de blâme, vous n’aurez aucune difficulté à obtenir le rouge fatidique, synonyme d’ouverture du sas vous expédiant vers la sortie. Un aller simple dans le vide sidéral sans retour en arrière pour récupérer votre emploi. Avouez, que passé la cinquantaine endosser le rôle de Thomas PESQUET ne vous sied guère !

 

Entre allongement de l’âge du départ à la retraite et maintien de l’activité : une dichotomie…

 

On aura beau se dire que c’est comme ça, que c’est la faute à pas de chance, que la dure mais inexorable fatalité vous rattrape à cause de votre âge : ça fait très mal au fond de soi, mettant à bas votre ego et vos prétentions sur l’existence.

Pointer chez Pôle Emploi à 55 ans n’a rien de paradisiaque en matière de perspectives d’avenir. D’autant, que du haut de sa tour d’ivoire élyséenne, le chef de l’Etat dans sa quête absolue de réforme des retraites envisage très sérieusement d’allonger la durée du temps travail, histoire de maintenir en apnée un système social en profond déséquilibre et surtout en réel déficit.

Paradoxe : vous n’êtes plus bon à rien, à partir de 50 ans dans les boîtes. Ce n’est pas grave, on va vous proposer des départs à la retraite…un peu plus tard dès 64 ans, pour commencer, puis à 65 ans, avant in fine d’arriver au terme de ce voyage professionnel qui vous pèse de tout son poids, à 67 ans ! Comme dans une large majorité de pays de l’Union européenne, voire d’ailleurs.

Tout cela est bien joli sur le papier. Mais, pendant ce même laps de temps, les entreprises n’ont qu’une idée fixe en tête : se débarrasser de leurs « encombrants ». Les vieux, considérés à tort, comme inaptes dans l’exercice de leur fonction ultra digitalisée, bien souvent trop payés pour ce qu’ils font ou qu’ils n’arrivent plus à faire et surtout pas du tout malléables en matière de management comme pourrait l’être le premier de la classe venant de postuler une fois le diplôme en poche.

A ce petit jeu-là, on ne peut parler que de dichotomie (pour ne pas dire autre chose en demeurant poli) dans la stratégie jusqu’au-boutiste du chef de l’Etat qui s’évertue à propulser des seniors usés par la pénibilité du travail et la fatigue du temps sur le devant de la scène employabilité alors que les employeurs eux-mêmes n’en veulent pas ! Incongruité du système…

 

 

 

Une initiative réussie dans l’Yonne : un job dating chez GROUPAMA…

 

Toutefois, il existe encore en ce bas monde d’infimes lueurs d’espoir ! Des expériences testées à dose homéopathique sur notre territoire qui réchauffent le cœur de ces laissés pour compte professionnels de la cinquantaine.

Si, si : nous en connaissons tous autour de nous qui traversent les affres des crises économiques successives en rejoignant le bataillon de ces chômeurs voués  à l’anonymat relationnel éternel et coupés de tout circuit d’influence (des demandeurs d’emplois en fait car c’est politiquement plus correct) de longue, voire de très longue durée. Trop longue, c’est incontestable et cela ne devrait pas être dans une société de progrès, dite civilisée et moderniste.

L’exemple est territorial. Dans l’Yonne, plus précisément. Où l’assureur mutualiste GROUPAMA Paris Val-de-Loire n’hésite pas à accueillir dans ses locaux, afin de pouvoir mieux les recruter, comme il le fait par ailleurs avec toutes les tranches d’âge d’une population ayant besoin d’un job pour mieux se nourrir, des demandeurs d’emploi, âgés de plus de cinquante ans. Cela les fait sortir des codes de la bienséance professionnelle actuelle.

Cette expérience innovante est réalisée sous la forme d’un job dating, menée en accointance avec l’agence auxerroise de Pôle Emploi. L’organisme aura au préalable retenu la série de candidats potentiels sur leurs appétences et aptitudes.

En face, pour attirer le chaland : une dizaine de postes assurés. Des CDI au profil de gestionnaire et de commercial. Avec pour les néophytes, une formation à la clé afin de s’imprégner de la culture d’entreprise et de ses méthodes.

Jeunes candidats et moins jeunes tentent leur chance. Profitant chacun d’une prise de parole individuelle, quelques cinq minutes en entretien pour assurer leur présentation.

Cela marche à merveille. Au terme de la session, la première, une vingtaine de CV et lettres de motivation sont mis de côté par les cadres de GROUPAMA ayant participé à ces entretiens constructifs. Une première étape est franchie.

Avant de poursuivre par la sélection définitive où se prêteront au jeu des trentenaires, quadra et vaillants quinquagénaires. Ils ont les yeux qui brillent de plaisir et de soulagement.

Non, les seniors ne sont pas finis et bons à être balancés après usage au fond de la corbeille comme un vulgaire Kleenex ! Certains entrepreneurs le savent bien et l’assimilent parfaitement dans leur quête de recrutement.

C’est grâce à eux, s’ils les embauchent en bout de course, que ces déshérités de l’emploi trop âgés vont pouvoir mettre à profit leur expérience et ce recul nécessaires leur permettant de mieux rebondir vers l’avant. Avec en outre de la reconnaissance…

 

Thierry BRET

 

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La tristesse, profonde. La nostalgie, aussi. Avec son lot de souvenirs impérissables qui remontent à la surface. Ca saigne et cela fait mal à l’intérieur. C’est toujours la même chose quand une icône de la sphère artistique et culturelle nous quitte et nous laisse seul avec notre désarroi. Quelle est donc dure cette chienne de vie !

Pour beaucoup, Jean-Paul BELMONDO, c’était une époque glorieuse où le cinéma faisait converger petits et grands le samedi soir ou le dimanche après-midi lors de séances familiales épiques que l’on partageait avec plaisir.

Entre bâtons de glace à sucer et pop-corn craquants à se mettre sous la dent. L’ouvreuse déambulait avec son lourd chargement de confiseries pendant l’entracte alors que les parents régalaient leurs gosses de bonbons  acidulés et autres gâteries chocolatées…Une vision totalement révolue aujourd’hui (sic) !

Toute une génération a vécu cela. Toute une autre regrette peut-être de ne jamais l’avoir connu.

Pendant que nous autres, enfants et adultes à l’unisson, dégustions ces purs moments de délice faisant oublier les affres de la première crise économique (celle des années 70 où les Français avaient beau avoir des idées, ils n’avaient toujours pas de pétrole in fine qu’ils payaient très cher à la pompe !), lui, cet « Incorrigible Guignolo » nous embarquait avec volupté sur la toile dans ses aventures faites de rires, de frissons, d’intrigues, de mystères, et surtout d’aisance. Entre le charme et la séduction. La grande classe et le talent.

 

 

Des acrobaties techniques réalisées sans doublure…

 

Comédien polymorphe aux multiples casquettes, Jean-Paul BELMONDO pouvait incarner ce clown facétieux à la gouaille franchouillarde (« L’Alpagueur ») comme devenir ce redresseur de tort, dur et implacable, mettant ses menaces à exécution pour nettoyer les scories de ces milieux obscurs, croisés sur son chemin dans « Le Professionnel ». Entre affaires d’état, clin d’œil à peine voilé à la France-Afrique et autres rivalités politiques dans les alcôves…

Qui d’entre nous n’a jamais rêver un jour d’effectuer l’une de ces pirouettes acrobatiques, subtiles techniquement, accroché à un hélicoptère ou en courant sur le toit d’une rame de métro, lancée à fond sur les rails traversant la capitale (« Peur sur la ville ») ?

Quelle audace, ce Bébel ! Aucune de ses brillantes cascades n’étaient doublées. Epaulées pour les exécuter par une autre référence du Septième art : j’ai nommé Rémy JULIENNE que certains parmi nous ont eu le privilège de côtoyer de près lors de ses nombreux déplacements dans l’Yonne.

Réunis là-haut tous les deux, ils n’ont pas fini de faire trembler le paradis avec leurs péripéties gymniques et sautillantes sans filet !

 

 

« L’Homme de Rio » : des aventures rocambolesques entre Tintin et Bob Morane…

 

Mais, pour les puristes lecteurs des « Cahiers du Cinéma », BELMONDO c’était aussi une autre époque où les films se tournaient encore en noir et blanc (« Un singe en hiver » ou « Week-end à Zuydcoote »). Dans la veine de cette Nouvelle Vague chère à Jean-Luc GODARD ou à François TRUFFAUT.

Des films « à la papa » avec des dialogues ciselés à la petite cuiller à faire travailler les zygomatiques devant l’insouciance de l’époque. Celle des trente glorieuses. Où le pouvoir d’achat progressait à la vitesse de l’éclair. Où la France, heureuse, se souciait comme d’une guigne de pseudos problèmes de sécurité qui n’existaient pas. A cette époque, il n’y avait pas d’allégeance à de quelconques références religieuses, incitatives à la haine et à la barbarie.

Celles et ceux qui voulaient se conter fleurette pouvaient le faire sur les « bancs publics » loin des regards indiscrets. Tandis que d’autres s’imaginaient être de dignes émules de « L’Homme de Rio », où le personnage de ce long métrage mythique qui irradiera de son exotisme, sa fougue et de sa superbe le milieu des années 60, vivait des aventures rocambolesques au Brésil, à mi-chemin entre « Tintin » et « Bob Morane », du regretté Henri VERNES, disparu également cet été.  

 

Apprendre à vivre sans lui….

 

Au fond, on possède tous en nous une part de ce Jean-Paul BELMONDO désinvolte et grand seigneur. Qui durant soixante-dix années de professionnalisme et de quatre-vingts films nous a accompagné sur notre chemin. Comme un ami de longue date qui nous donnait rendez-vous régulièrement, à chaque première.

Et l’on se prend à rêver de ce que aurait pu être la continuité de sa brillante carrière cinématographique et théâtrale où le personnage excellait (« Kean », « Cyrano ») si ce maudit incident de parcours, cet AVC qui le diminuera considérablement, ne l’avait pas frappé à l’âge de 68 ans.

A l’instar de ces vieux lions qui ne veulent rien lâcher, le « Magnifique » serait sans doute resté au sommet de son art et de son talent. Il nous aurait gratifiés de sa gestuelle et de ses mimiques habituelles, de ce phrasé si caractéristique qui était le sien, dans de longs monologues ou de grandes tirades à pouffer de rires.

Il faut voir et revoir « Joyeuses Pâques » ou « L’Animal » pour savoir de quoi l’on parle véritablement. Il faut se plonger sans retenu dans cette œuvre presque autobiographique, « Itinéraire d’un enfant gâté », pour mieux cerner l’homme.

Qu’il soit associé à Jean GABIN, Lino VENTURA et son alter ego de toujours, avec qui il tournera finalement que très peu de films (« Borsalino »), Alain DELON, pour comprendre que la France vient de perdre l’un de ses derniers grands ambassadeurs culturels. Un monstre sacré de notre patrimoine artistique qui s’évanouit à jamais et rejoint le paradis blanc des noms qui constellent le ciel : RAIMU, André BOURVIL, Louis de FUNES, FERNANDEL, Bernard BLIER, Claude BRASSEUR, Annie GIRARDOT, Jeanne MOREAU, et tant d’autres.

Alors, oui, l’hommage solennel rendu par la France à l’un des siens (il était chevalier de l’Ordre de la Légion d’honneur) ne supposait aucune équivoque possible. Alors oui, que le public, son public, puisse lui dire un dernier au-revoir dans la cour des Invalides jusque tard dans la nuit était le bienvenu.

En manque de repères existentiels depuis trop longtemps, l’Hexagone est obligé de vénérer ses honorables « vieilles branches » pour retrouver ce consensus le temps d’une commémoration et du souvenir. Parce que nous en avons besoin. Parce que celles et ceux qui nous quittent le mérite bien.

Sobre mais empreint de sincérité, l’allocution d’Emmanuel MACRON a retranscris ce qui caractérisait Jean-Paul BELMONDO. Personnage cocardier et cocasse que nous avons tous eu la chance de connaître dans notre existence de son vivant.

Désormais, il faudra apprendre à faire sans lui. Et c’est là que le plus dur commence…Salut l’artiste !

 

Thierry BRET

 

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Admiratif de cet antre de l’excellence que représente le CIFA de l’Yonne en matière d’apprentissage, le président national des WORLDSKILLS France, Armel LE COMPAGNON (un patronyme tout à propos lorsque l’on vante les qualités émérites de l’artisanat !) est à Auxerre pour assister aux finales nationales qui se disputent deux jours durant dans la catégorie cuisine. L’un des fleurons du savoir-faire à la française parmi les 63 métiers engagés dans cette compétition…

 

AUXERRE: Conquis et convaincu par ce qui l’entoure, Armel LE COMPAGNON ! Le président de la vénérable institution des WORLDSKILLS France contemple avec émerveillement le cadre qui lui a permis de s’exprimer quelques minutes auparavant au pupitre, devant les représentants officiels. Le restaurant d’application du CIFA de l’Yonne : le Com’des Chefs.

« Ces installations sont incroyables, lâche-t-il avec gourmandise, je crois qu’en matière d’excellence, on ne peut pas trouver mieux pour organiser ces finales de cuisine 46ème du nom ! ».

Auxerre n’est donc pas dans l’œil du cyclone. Loin s’en faut ! Ou plutôt le site pédagogique que préside Michel TONNELLIER et que dirige Marcel FONTBONNE a reçu la grâce divine. Deux cents centres de formation, éparpillés aux quatre coins de l’Hexagone, étaient en lice, côté candidatures, pour accueillir les finales de cette compétition prestigieuse, qui a succédé aux Olympiades des Métiers.

Or, quarante-cinq seulement ont retenu l’intérêt du comité organisateur. C’est peu. Et parmi ceux-ci, le CIFA de l’Yonne à Auxerre, obtient un magnifique accessit. Excusez du peu !

 

 

La Bourgogne Franche-Comté accueille trois sites pour les finales nationales...

 

« Notre politique est d’aller au-devant des régions, précise le président LE COMPAGNON, afin de faire vivre les territoires. Cette année, la Bourgogne Franche-Comté a été récompensée avec trois sites qui ont été retenus pour recevoir ces épreuves. Besançon, Mâcon et Auxerre. Ce dernier pour les épreuves de cuisine. Il est important que les territoires puissent accompagner l'ensemble des politiques de développement de la formation professionnelle dans leur région… ».

L’Yonne possède de solides références en matière de gastronomie. Logique que la catégorie cuisine y soit sublimée par cette épreuve selon le président national.

« Vous savez, le niveau de chaque pays qui entre en compétition s’apprécie par sa qualité. En France, à l’instar de la boulangerie-pâtisserie, la  cuisine est très bien représentée en demeurant un vecteur d’intérêt auprès des jeunes générations… ».

Pour autant, Armel LE COMPAGNON est réaliste : il constate que le niveau, y compris à travers les classements des compétitions mondiales, dégringole de rencontres en épreuves.

 

 

Pourquoi ? « Parce que l’on ne change pas de modèle de formation professionnelle… ». La phrase ô combien pertinente est lâchée. Impitoyable pour les institutions ?

« Ici, dans ce CIFA à Auxerre, on trouve une direction et des encadrants qui s’investissent en voulant tout changer. Voilà le réel bonus de l’excellence ! ».

Pour cet acteur de la valorisation de cette filière artisanale qui peine néanmoins à trouver ses troupes pour assurer la relève, c’est simple : « Il faut passer de l’excellence à la très haute performance afin de continuer à progresser à l’échelle planétaire ».

Appelant de ses vœux à la mobilisation globale de l’ensemble des régions de l’Hexagone qui ont un rôle primordial à jouer sur ce chapitre.

« Je suis rassuré par les propos tenus par la vice-présidente Océane CHARRET-GODARD, ajoute-t-il, les mots qu’elle a prononcés résonnent vraiment bien aux oreilles de notre sphère professionnelle. Il y a une réelle volonté d’engagement… ».

Inquiet, en revanche de la crise observée dans l’emploi et le recrutement (12 000 postes sont à pourvoir à l’heure actuelle dans la filière de la restauration en vain), le visage d’Armel LE COMPAGNON s’assombrit.

« C’est général, renchérit-il, la problématique est la même pour les professions du BTP. C'est exactement la même chose dans l'industrie. Le métier de soudeur est devenu de la denrée rare. Notre rôle, en organisant de telles épreuves, est justement de faire en sorte que la lumière soit faite sur tous ces métiers, à la fois pour les jeunes, leur donner des horizons et leur donner les capacités de leur montrer les filières possibles. Sans oublier le coup de projecteur assuré sur les moyens techniques et numériques qui sont là pour leur donner ce qu'il y a de meilleur… ».

 

 

Doubler le nombre de titres pour intégrer le top 5 !

 

Pressé de vivre l’année 2024, synonyme d’accueil des Jeux olympiques de Paris et des WORLDSKILLS mondiaux, se déroulant à Lyon, Armel LE COMPAGNON n’en oublie pas les autres évènementiels prévus avant ces deux rendez-vous majeurs.

« Le président de la République Emmanuel MACRON nous a fixé des objectifs au niveau de ces épreuves internationales qui vont ponctuer 2022 (le concours international de Shanghai entre autres) : nous devons intégrer le top 5 ! Or, actuellement, nous n’occupons que la neuvième place des nations les plus médaillées à ces concours de l’excellence. Pour y parvenir, c’est simple : il nous faut doubler le nombre de titres ! ».

Un challenge que le président et ses équipes sont prêts à relever en mobilisant et rassemblant l’ensemble des acteurs de la formation professionnelle pour atteindre cet objectif. Envisageable ? Certainement, car comme chacun le sait : impossible n’est pas français !

 

Thierry BRET

 

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L’urgence pour faire face à la situation dramatique. Un état de fait qui ne peut malheureusement qu’empirer après la prise de pouvoir des talibans, réalisée au forceps à la vitesse de l’éclair mais sans avoir tiré un seul coup de fusil. Etrange renversement de situation et de gouvernement dans ce pays fort de ses 38 millions d’habitants dont l’avenir paraît désormais incertain, à défaut d’être compromis.

Plus de 6 millions d’Afghans sont enregistrés aujourd’hui par les instances internationales dépendant de l’ONU en qualité de réfugiés. 2,2 millions d’entre eux ont fui vers l’Iran et le Pakistan. 3,5 millions se déplacent régulièrement à travers leur territoire pour ne pas subir les foudres des nouveaux maîtres du pays. Les mêmes qui procédaient à des exactions innommables il y a plus de vingt ans.

Avec l’aide américaine, la France a assuré un pont aérien depuis Kaboul permettant à trois mille d’entre eux de s’exfiltrer de ce bourbier sans réelle issue. Mais, des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants tentent encore aujourd’hui au péril de leur existence de quitter les lieux pour échapper à la violence aveugle et à l’obscurantisme.

Or, une question se pose à l’échelle de notre territoire. Comme partout dans l’Hexagone qui voit affluer cette population démunie. Sommes-nous prêts à accueillir ces réfugiés sur notre sol ?

 

 

Des exilés qui ont étroitement collaborés avec les Occidentaux…

 

Le département de Charente a pris publiquement position en faveur d’une ouverture des foyers et autres lieux d’hébergement. D’autres secteurs géographiques en ont fait de même. Timidement, presque du bout des lèvres.

Plusieurs maires, à la tête de villes importantes à l’instar de Strasbourg, Lille ou Tours, ont rallié ce mouvement altruiste qui ne s’étend pas sur l’Hexagone comme une trainée de poudre. Il faut en convenir : la nation tricolore ne peut pas accueillir toute la misère du monde. C’est une évidence.

Pourtant, le cas afghan trouble les esprits, même les plus retors. La plupart de ces exilés de fortune le sont parce qu’ils ont cru en la providence occidentale d’un monde meilleur et aidé à l’intégration des forces étrangères, venues ramener le calme et la sécurité dans un pays ravagé par quarante années de guerre, en étant interprètes, personnels administratifs, chauffeurs, gouvernants, femmes et hommes d’entretien, comptables, enseignants, journalistes, jardiniers, etc.

Les abandonner à leur triste sort dans les mains ensanglantées des talibans qui pratiquent la charia, précepte religieux d’une autre époque, équivaut à signer leur acte de reddition absolue vis-à-vis de leur liberté. Voire pire encore.

 

 

Joigny dégaine la première pour accueillir des réfugiés…

 

Et l’Yonne, dans tout ça, face à ce maelström complexe qui nous entoure ? A date, le seul élu à avoir publiquement déclaré qu’il était prêt à accueillir des réfugiés afghans dans sa commune n’est autre que le maire de Joigny, Nicolas SORET.

Bien sûr, beaucoup d’observateurs se feront l’écho de la parfaite logique de ce choix au vu du pédigrée idéologique du troisième vice-président de la Région ! Nicolas SORET n’est-il pas un digne représentant du parti socialiste, une formation politique ayant toujours eu recours aux valeurs de l’humanisme et à la tolérance pour justifier ses orientations et stratégies. Parfois à la limite du laxisme, affirmeront ses détracteurs.  

Mais, au-delà de ces considérations politiciennes, qui n’ont pas lieu d’être alors que se joue le devenir de milliers d’êtres humains, il est regrettable que la déclaration de Nicolas SORET n’ait pas fait d’autres émules, voire engendrer davantage de réactions à chaud dans notre landerneau. Qui a certainement des choses à dire sur le sujet.

Un collectif, comprenant huit organisations de soutien aux exilés de l’Yonne, vient de lancer précisément un appel aux élu(e)s de notre département, les invitant à se mobiliser en solidarité avec le peuple afghan.

Un appel qui a fait l’objet d’une missive officielle. Que n’auront pas manqué de relayer, en la plaçant sous le feu des projecteurs médiatiques, deux des conseillers d’opposition de la ville d’Auxerre, les écologistes Florence LOURY et Denis ROYCOURT.

 

Le cas d’un réfugié vivant à Auxerre inquiet pour ses proches menacés de mort…

 

En corollaire, les deux élus sollicitent le président de l’Agglomération de l’Auxerrois et maire d’Auxerre Crescent MARAULT, d’engager la ville dans une démarche d’accueil digne et solidaire.

« Nous faisons écho à la forte inquiétude de citoyens auxerrois qui accompagnent au quotidien des migrants dont des Afghans déjà présents sur notre sol… précisent-ils en parfaite symbiose.

Les représentants d’Auxerre Ecologie ont accompagné leur lettre, adressée le 30 août, au premier élu d’Auxerre d’un courrier rédigé par un réfugié afghan, Wasiq NOORI. Ce dernier s’était rapproché de la cellule de crise du ministère des Affaires étrangères six jours auparavant. Aîné d’une fratrie de sept enfants, l’auteur de la lettre fait part de ses craintes sur le sort de sa famille restée à Kaboul. Militantes des droits de l’homme, ses sœurs courent un réel danger. Blessé à l’épaule il y a un mois, l’un de ses frères est recherché par les talibans et risque la mort.

Réclamant que l’Yonne soit au rendez-vous de l’Histoire, les signataires de cet appel du 30 août en appellent à la responsabilité des élu(e)s de toutes obédiences pour que ce mouvement solidaire puisse voir le jour.

En proposant d’accueillir une ou plusieurs familles. En scolarisant les enfants. En apportant une aide matérielle ou alimentaire. Au nom des valeurs de nos institutions républicaines et des principes humanistes qui ont fait le ciment de notre nation, terre de liberté et patrie du bien-vivre…Seront-ils entendus ?

 

Thierry BRET

 

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Leurs visages ne sont pas connus du grand public. Ils ne s’afficheront jamais à la une des tabloïds. Quant à leurs patronymes, ils tutoient les sommets de l’anonymat le plus complet. Sauf, peut-être pour une petite poignée d’entre eux. Lors d’une brève période de leur existence. Celle, pour celles et ceux qui ont la chance d’y participer, en rapport avec les Jeux Paralympiques. Un corollaire des traditionnels J.O. qui nous revient tous les quatre ans. Sur la pointe des pieds de la discrétion…

Pourtant, à y regarder de plus près, que d’émerveillement, d’agréables surprises, de satisfactions émues à voir évoluer sur une piste d’athlétisme, sur un terrain de basket ou dans un bassin nautique des sportives et sportifs amputés d’une jambe ou d’un bras, déficients visuels, ne pouvant se mouvoir qu’accompagnés de leur appareil de mobilité.

Que de courage, de force intérieure et d’abnégation pour y parvenir après avoir connu les affres terribles d’un accident de la vie ou porter comme une croix rivée sur l’épaule l’héritage immuable d’une malformation constatée à la naissance.

Ces femmes et ces hommes méritent tout notre respect. Et surtout notre considération la plus sincère, au lieu de regards torves, moqueurs, parfois cruels croisés au détour de leur chemin, feignant de ne jamais les apercevoir.

Dans la souffrance de leur chair et de leur âme en conflit perpétuel contre les injustices de la vie et du sort qui s’acharne, ces femmes et ces hommes ont su relever des défis. Immenses. Incommensurables. A abattre des montagnes. Ils ont repris goût à la vie, pour certains d’entre eux, afin de surmonter ce que l’on nomme communément un handicap.

 

 

De quel droit les valides seraient-ils supérieurs aux invalides ?

 

Alors que notre société bien-pensante peine toujours à insérer de manière digne et noble ces personnes dans notre quotidien protéiforme (professionnel, familial, éducatif, politique, médiatique, culturel…), se jouent à nos côtés de véritables combats d’arrière-garde. Dont nous n’avons jamais connaissance ou si peu.

Des luttes pour exister, pour rêver, pour survivre, pour devenir quelqu’un qui ne sera plus le souffre-douleur ou la risée expiatoire d’un ensemble collectif qui refuse la différence. Les différences, selon ses propres rites et critères.

Se tenir debout sur ses deux jambes donne-t-il plus de droits et de supériorité par rapport à celui qui ne peut s’extirper de son fauteuil roulant ? Se complaire dans les codes superfétatoires de la beauté et de l’esthétisme à tout crin rend-il plus intelligent et meilleur que la personne non voyante ou infirme ?

Ecraser l’autre, tuer père et mère pour parvenir à la réussite absolue, représente-t-il une fin en soi sauf peut-être pour celles et ceux dont les neurones ont fondu comme neige au soleil en se reconnaissant dans ce processus stupide !

Il y a énormément à apprendre au contact d’une personne atteinte d’un handicap. Sa façon de s’exprimer, de raisonner, d’anticiper le sens de la vie, d’interpréter les choses.

 

 

Des moyens déployés par les médias pour la quinzaine des Jeux…

 

A observer par l’écran du téléviseur l’évènement planétaire qui réunit à Tokyo la somme de toutes ces différences multiraciales et multi-handicaps (plus de 4 000 compétiteurs représentants 182 nations dans vingt-deux disciplines) qui osent relever des défis que bien des valides ne tenteraient même pas, on est surpris par le calme, la bienveillante sérénité, cette espèce de candeur usuelle et profonde dont toutes ces personnes s’imprègnent avant de disputer la moindre épreuve.

Par bonheur, et on peut lui rendre grâce une fois n’est pas coutume, France Télévisions a déployé l’artillerie lourde côté moyens techniques et humains afin de diffuser abondamment sur l’ensemble de ses chaînes ces compétitions de grand intérêt.

A l’identique de ce que furent les relais informatifs durant la quinzaine des Jeux Olympiques qui viennent de s’achever.

 

 

Et après, les handicapés seront-ils oubliés ?

 

Mais, qu’en sera-t-il ensuite une fois la flamme de l’universalisme éteinte ?

Les sportifs handicapés retourneront ils vers les ténèbres de l’oubli et de l’indifférence quasi totales ? Les médias accorderont ils autant d’importance à leurs exploits avant la prochaine olympiade menant à Paris 2024 ? Verrons-nous davantage d’animateurs ou de journalistes victimes d’un handicap à l’antenne ?

Il est à craindre que non.

Comme la perception de ces personnes atteintes d’un handicap dans la sphère professionnelle où bon nombre d’entreprises se refusent toujours à ouvrir leurs portes pour les accueillir. Dommage !

Malgré cette grande leçon de courage et d’humilité que la quinzaine des Jeux Paralympiques nous aura offerte, il y a encore du chemin à parcourir avant que les relations entre valides et invalides se normalisent réellement…

 

Thierry BRET

 

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